1er Février : La Jamaïque, Port Antonio

 
24 heures de navigation avec un fort vent qui nous fait marcher à 8 nœuds de moyenne. En quittant Haïti, le bout qui permet de remonter la quille se casse. « Dernier cadeau d’Haïti », me lance le capitaine ironique. Je dirais plutôt que le bout était en fin de vie, épuisé par 6 années de mers hostiles.
 
 
 
 
Haïti a ses petits îlots de paradis, l'Îlot Amoureux, notre dernière escale
 
 
Nous arrivons en Jamaïque en milieu d’après midi et relâchons à Port Antonio une marina paisible et confortable. Ce qui frappe d'entrée en arrivant en Jamaïque, c'est cette végétation luxuriante et ces lagons turquoises. Quelques accords de reggae nous parviennent depuis la terre, un rasta aux locks blanches rame sur sa pirogue en bois coloré, le ton est donné. 
 
 
 
L'équipage de Fleur Australe.
Le capitaine est derrière l'appareil ! Beti se cache quelque part sur le pont
 
 
Dès le lendemain nous louons une voiture et partons à la découverte des Reach Falls, merveilleuses cascades avec ses piscines naturelles translucides. Nous longeons la mer et ses belles plages de la côte au vent. Elles sont malheureusement polluées par les plastiques en tout genre provenant certainement des côtes haïtiennes. Les vagues déferlent et se brisent sur le sable blanc. 

 
 
La Jamaique, des montagnes, des cascades
 
 
Nous poursuivons par le « Blue Lagoon », un lagon d'eau bleue indigo d'une profondeur de plus de quarante mètres en pleine jungle tropicale. Les enfants jouent à Tarzan en passant d'une liane à l'autre. C'est d'une beauté rare. 

 
 
Le Blue Hole, ici les eaux douces se mélangent à l'eau de mer et prennent des bleus lumineux
 
 
En fin de journée nous regagnons la marina Eroll Flynn, l'acteur est arrivé ici en 1946 sur son yacht le Zacca, il  s'est abrité dans ces eaux après avoir essuyé une grosse tempête. Il est immédiatement tombé amoureux de ce petit port de pêcheurs au point de le décrire dans sa biographie comme «  plus beau que toutes les femmes que j’ai jamais vu ». Il y acheta d'ailleurs deux hôtels dans lesquels il organisait de somptueuses fêtes. C'est ainsi que Port Antonio devint le repaire des stars Hollywoodiennes telles que Bette Davis, Clara Bow ou Ginger Rogers. Avec sa troisième femme il s'installa dans le coin afin d'y développer le tourisme. Mais victime d’une mauvaise santé dûe en partie à ses nombreux excès, il décéda en 1959 à l'âge de 50 ans et n'eut pas le temps de mettre ses plans à exécution. 

 
 
Radeau de bambou à Port Antonio, Jamaica
 
 
Nous avons décidé de laisser Fleur Australe à la marina et de partir quelques jours en voiture à la conquête de l'île. En effet, il semble que ce soit le seul endroit sûr pour laisser le bateau sans prendre le risque de se faire piller de nouveau. Nos expériences en Haïti nous obligent à la prudence.   
 

Les 100 derniers billets du Carnet de bord