22 Décembre - Pitt Island

 

9H00 Hier Vernadsky, partie de foot endiablée sur la banquise avec les Ukrainiens. Score : 5/5. C’est honorable. Nos hôtes ont le sens de l’hospitalité. Un petit tour et puis s’en vont, nous profitons des bonnes conditions météo pour poursuivre vers le Sud. La banquise nous a arrêté dans le Grandidier Channel, qui est la mer intérieure, il nous faut donc tenter notre chance en contournant par l’extérieur et aviser. Devant l’adversité, nous ne sommes pas du genre à baisser les bras. Nous avons un but et nous ferons tout pour l’atteindre.

 

 

 

 Vernasky, rencontre France-Ukraine...

 

 

 

Le capitaine dans les buts, Loup libera, Ernesto à l'attaque

 

 

12H00 Nous levons l’ancre, et mettons le cap vers les Pitt Island. Il nous faut nous écarter à 90° de notre route et faire du Nord Ouest puis de l’Ouest pour rejoindre la lisière de la banquise et trouver un peu d’eau libre. C’est là que recommence le corps à corps avec la banquise, un long cheminement de plaques en plaques, d’icebergs tabulaires en temple de glace. C’est long, angoissant, épuisant. Des allers-retours au nid de pie tandis que le capitaine ne lâche pas la barre pendant plus de 10 heures, avec comme une épée de Damoclès l'appréhension que cela se referme. Nous croyons être sauvé, nous sommes dans une belle nappe d’eau libre mais quelques miles plus loin c’est de nouveau bouché et nous slalomons entre les plaques encore et encore. Les enfants dorment, ces jours continus commencent à sérieusement perturber les horaires. Je tente de les réveiller pour manger un morceau, en vain.

 

 

 

 Une belle rencontre sous le signe de l'amitié

 

 

 

Marion en supportrice 

 

23H00 Les Pitt se profilent à l’horizon, nous ne sommes plus qu’à 180 miles de la baie Marguerite, si nous réussissons à l’atteindre. En attendant nous pourrons peut être relâcher pour la nuit dans ce désert blanc. Le soleil brille de tous ses feux. Je rêve de nuit obscure et profonde.

 

 

 

 Sur fond de banquise, l'Île Ducheynard, une beauté de la nature

 

 

 

 Fleur Australe attachée à la banquise sur fond de glacier

 

 

23H30 Nous sommes en approche. Beaucoup de récifs non cartographiés qu’il faut différencier de la glace. Nous avons le soleil plein face, cela perturbe la vision de Philou. C’est un archipel de centaine d’îles plutôt rondes, avec des falaises en pente douce orientées vers le Sud, à cause des vents dominants. Qu’allons nous trouver comme glace autour des îles ? Certainement de la Fast ice accrochée à la côte, comme à Vernadsky.

 


 

 

 

 

 No comment !!! 

 

 

0H00 Nous relâchons. Ernesto plante deux pieux pour deux amarres sur la glace virginale. Il fait froid. La mer vient lécher la lisière de la banquise, comme elle viendrait délicatement mourir sur une plage de sable blanc et fin. C’est la vision que j’ai à cet instant précis et elle me réchauffe furtivement. Devant nous, l’île Duchaylard se dresse comme une cathédrale avec ses donjons enneigés. Soudain la banquise rosit tandis que le soleil apparaît derrière l’île glacée. Nous sommes au cœur du désert blanc, pas l’ombre d’une oasis à l’horizon.

 

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